| Samedi 14 août 1982 à 03h25 | |
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Épicerie Piot Place des Nations, n° 44 59600 Maubeuge, Nord (France) |
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Volkswagen Santana |
| Samedi 14 août 1982 à 03h25 | |
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Épicerie Piot Place des Nations, n° 44 59600 Maubeuge, Nord (France) |
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Volkswagen Santana |
Le couple Piot exploite une épicerie familiale située sur la place des Nations, en plein centre-ville de la petite ville française de Maubeuge, qui se trouve à un quart d'heure en voiture seulement de la frontière belge. Ils vivent habituellement sur les lieux mais cet été, ils sont partis en vacances dans le sud du pays. Prendre ce commerce pour cible n’en reste pas moins audacieux, et pour cause : le commissariat de police nationale se trouve à peine à sept-cent mètres de là.
Cette nuit-là, une Volkswagen Santana immatriculée en Belgique s’arrête devant un magasin de sport voisin de l’épicerie Piot. Deux individus en sortent ; ils sont masqués et armés. L’épicerie n’est pas équipée d’un rideau métallique ; il leur suffit donc de fracturer la porte vitrée de l'entrée pour y pénétrer. Le premier, armé d’un fusil de chasse, reste devant pour faire le guet ; l'autre, armée d’un pistolet, entre dans l’épicerie, arrache les câbles téléphoniques, et entreprend de dévaliser le magasin. Les malfrats emportent six kilos de thé et quinze boîtes de foie gras, mais aussi et surtout de l’alcool : une soixantaine de bouteilles de vin, une soixantaine de bouteilles de champagne, et cinq bouteilles de whisky.
À quatre heure moins dix du matin, le proche commissariat est informé du cambriolage en cours par un appel téléphonique anonyme, curieusement bref, dont l’auteur n’a jamais été identifié. Aucune patrouille n’étant disponible, trois policiers, Gérard Houillot, Léon Gumez, et Christian Delacourt décident de se rendre eux-mêmes à l'épicerie à pied. Ils empruntent des chemins différents ; l’agent Houillot passe par la rue Albert 1er, les agents Gumez et Delacourt passent par la place Lafayette. Lorsque l’agent Houillot arrive sur la place, il remarque la présence d’un homme armé et fait demi-tour avec pour objectif de prévenir ses collègues.
Il est trop tard : lorsque les agents Gumez et Delacourt arrivent à leur tour, ils sont visés par des tirs provenant du véhicule des malfrats et une fusillade confuse éclate. L’agent Gumez échappe aux tirs en se jetant au sol. Le véhicule démarre et se rapproche de l’agent Delacourt, qui est lui aussi pris pour cible. Touché au ventre, il est grièvement blessé ; il survivra à ses blessures grâce à une opération chirurgicale menée dans l’urgence. Quand l’agent Houillet aperçoit le véhicule, il tire en sa direction, sans succès. Les malfrats prennent finalement la fuite avec la marchandise en direction de la Belgique.
Une cabine téléphonique se trouvant sur la place des Nations, il n'est pas exclu que le coup de fil passé au commissariat soit le fait des malfrats eux-mêmes. Cela signifierait que ceux-ci ont délibérément tendu un guet-apens aux policiers.
Il s’agit du premier méfait attribué aux Tueurs où des armes sont déchargées, où est fait un blessé, et où de surcroît la violence déployée semble disproportionnée par rapport au gain empoché. Il s’agit par contre du seul méfait connu à avoir été commis hors du territoire belge.
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